Article publié le 2008-11-09 par Par Appolinaire Noël Koulama
International
KOFFI ANNAN INVITE PAUL BIYA ET WADE A FAVORISER [11/2008]
«...personne ne peut me convaincre qu’au Sénégal et au
Cameroun il n’y a qu’un seul leader capable de gouverner»
affirme l’ancien secrétaire général de l’ONU dans une interview
accordée à la BBC
Kofi Annan a décidé d’aborder publiquement un sujet qui fâche certains
pays africains. Dans une interview à la BBC, l’ancien secrétaire général
de l’ONU invite le président camerounais Paul Biya à ne plus se représenter
aux prochaines élections présidentielles de 2011 au Cameroun.
«Ce qu’un leader n’a pas pu faire en deux mandats, il ne peut
pas le faire après». Affirme Koffi Annan.
Une invitation formulée aussi à l’adresse du Président sénégalais Abdoulaye
Wade. « Personne ne peut me convaincre qu’au Sénégal et
au Cameroun il n’y a qu’un seul leader capable de gouverner.
J’ai été clair quand cela est arrivé au Nigeria, au Sénégal et
bien sûr au Cameroun. Je connais bien les deux leaders et je
pense qu’il n’est pas dans leur intérêt ni dans celui du peuple
de s’accrocher ».
En réaction aux modifications des constitutions récemment opérées au
Sénégal et au Cameroun pour permettre, pour ce qui est du cas du Cameroun,
au président Paul Biya, plus de 25 ans au pouvoir, de se représenter
aux prochaines élections, Annan affirme : « la constitution ne
doit pas être modifiée à la convenance des individus. Elle doit
être conçue pour les aspirations du peuple». Avant d’ajouter :
«A mon avis, deux mandats c’est suffisant».
CONVAINCU QUE PAUL BIYA NE CHERCHERA PAS A SE REPRESENTER.
Dans la même interview, Kofi Annan déclare vouloir aborder personnellement
la question avec le président Paul Biya affirme être convaincu
que ce dernier ne se représentera pas aux prochaine élections présidentielles.
« Nous avons travaillé ensemble avec le président Obasanjo pour résoudre
le conflit de Bakassi. Les présidents Paul Biya et Abdoulaye Wade
doivent savoir que la rotation doit avoir lieu. Ils sont au pouvoir parce
que quelqu’un d’autre leur a laissé la place. Si les autres s’étaient dits
qu’ils sont les seuls à gouverner et s’étaient accrochés au pouvoir, ils ne
seraient pas là » affirme l’ancien secrétaire général de l’ONU.
Superbe réponse du ministre brésilien de l’Education
interrogé par des étudiants aux Etats-Unis...
Internationalisation
Discours du ministre brésilien de l’Éducation aux Etats-Unis. Pendant un débat
dans une université aux Etats-Unis, le ministre de l’Éducation Cristovam Buarque,
fut interrogé sur ce qu’il pensait au sujet de l’internationalisation de l’Amazonie.
Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu’il espérait une
réponse d’un humaniste et non d’un Brésilien.
Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.
En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’internationalisation
de l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouvernements
pour ce patrimoine, il est nôtre. En tant qu’humaniste, conscient du risque
de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que
l’Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l’importance
pour toute l’humanité. Si, au nom d’une éthique humaniste, nous devions internationaliser
l’Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole
du monde entier. Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité
que l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves
de pétrole se sentent le droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de pétrole,
comme d’augmenter ou non son prix.
De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches.
Si l’Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée
par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays. Brûler l’Amazonie, c’est aussi
grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de
l’économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler
des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.
Avant l’Amazonie, j’aimerais assister à l’internationalisation de tous les grands
musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque
musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie
humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine
naturel de l’Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d’un seul
propriétaire ou d’un seul pays. Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a
décidé d’enterrer avec lui le tableau d’un grand maître. Avant que cela n’arrive, il
faudrait internationaliser ce tableau.
Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du
Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister,
à cause de difficultés aux frontières des États-unis. Je crois donc qu’il faudrait que
New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé.
Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l’humanité. Comme du reste Paris,
Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec
sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde
entier.
Si les États-unis veulent internationaliser l’Amazonie, à cause du risque que fait
courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons
aussi tout l’arsenal nucléaire des Etats-Unis. Ne serait-ce que par ce qu’ils sont
capables d’utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois
plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.
Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des Etats-Unis
ont soutenu l’idée d’une internationalisation des réserves florestales du monde en
échange d’un effacement de la dette.
Commençons donc par utiliser cette dette pour s’assurer que tous les enfants du
monde aient la possibilité de manger et d’aller à l’école.
Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu’ils naissent, comme un patrimoine
qui mérite l’attention du monde entier. Davantage encore que l’Amazonie.
Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme
un Patrimoine de l’Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient
aller à l’école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre.
En tant qu’humaniste, j’accepte de défendre l’idée d’une internationalisation du
monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour
que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous!